Tu as mal au genou ? Je parle à ton genou.
Tu as peur ? Je parle à ta peur.
Tu te sens bloqué ? Je parle à la partie de toi qui est restée en arrière ; à celle qui est devant le mur ; à celle qui croit qu’elle n’a pas le droit d’avancer.
Tu as le coeur en miette ? Je parle à ton coeur.
Ca semble étrange ? Et oui, c’est étrange parfois … Mais c’est la plupart du temps comme ça que je travaille.
Ce n’est pas du tout que toi, tu ne m’intéresses pas ! C’est même tout le contraire.
Quand je te reçois, je m’intéresse à ce qui, en toi, fait naître ou durer la situation bloquante avec laquelle tu arrives, quand tu viens me voir. Je m’intéresse à ce qui se joue derrière, à ce qui fait que tout ça coexiste.
Je m’intéresse à ce que, parfois, on n’ose pas « trop » aller regarder.
Je veux découvrir ce qui fait que, malgré tout ce que tu as peut être déjà essayé, quelque chose continue de coincer.
Je m’intéresse à l’Humain derrière l’humain.
A Toi qui te cache derrière toi.
Je m’intéresse à Toi qu’on ne regarde plus ; qu’on a oublié ; qu’on a rangé.
A Toi à qui on a demandé de se taire, parfois de souffrir en silence.
A Toi à qui on a appris à avoir peur, à culpabiliser, à avoir honte, à contrôler, à se protéger.
A Toi à qui on a appris à ne plus faire confiance, à ne plus prendre sa place.
Parce que souvent, cette partie de toi qui te fait mal n’est pas là par hasard.
Elle a probablement essayé, à un moment donné, de faire ce qu’elle pensait le mieux pour toi.
Et les croyances, que tu as adopté pour te préserver à un moment de ta vie, ne sont peut être tout simplement plus vraies aujourd’hui. Elles ne sont peut être plus utiles.
Mais tant que toi, tu continues à faire comme si cette partie était moins importante que toi, moins importante que tes histoires, que tes croyances, et que tout ce que tu t’es raconté pour avancer jusque là : Tu risques de continuer à souffrir.
Tu risques de continuer à boucler, à avoir l’impression de tout faire pour aller mieux, même si ça continue à ne pas bouger. Tu risques de continuer à te faire mal, à t’empêcher d’avoir la vie que tu veux, à te faire culpabiliser, à t’ennuyer, à t’éloigner de toi même.
Et peut être même que tu finiras par croire que le problème : c’est toi.
Mais je vais te dire quelque chose qui me semble important
Cette partie est surement pleine de ressources, tu peux trouver en elle une force qui peut te servir, peut être même une force dont tu as précisément besoin et que tu ne soupçonnes pas.
Elle a avant tout besoin d’être entendue dans son intention, peut être aussi besoin d’être recadrée dans sa manière d’essayer de bien faire.
C’est pour cela que oui, je parle directement à ta peur : je veux l’entendre ! Il en va de même pour ta colère, ta culpabilité, ta honte, ta tristesse, pour l’enfant que tu étais, pour la douleur que tu ressens, pour la part de toi qui reste figée, celle qui pense qu’elle n’a pas le droit, celle qui pense qu’il faut être forte, celle qui a appris à se taire, à celle qui sait bien faire semblant …
Je veux entendre la part de toi qui te dérange : je veux négocier avec elle ! Je veux entendre ses besoins, je veux la reconnaître, et enfin : je veux l’aider à changer de direction sa force pour qu’elle soit avec toi, et non plus contre toi.
Je cherche alors à comprendre : Pourquoi c’est là ? A quoi ça sert ?
Qu’est ce que cette sensation, cette émotion essaie de faire ? De quoi a-t-elle besoin ? Comment l’aider ?
Quand cette part de toi cessera de crier, quand elle ne cherchera plus à te protéger, quand elle retrouvera sa place … Alors quelque chose pourra commencer à bouger, vraiment.
Et tu découvriras que tu n’étais pas cassé.
Que tu ne vas pas mal parce que « quelque chose cloche chez toi ».
Tu réaliseras que cette part de toi avait tout simplement besoin qu’on s’intéresse à elle. Aussi déroutant que cela puisse sembler : elle a besoin de faire partie de toi ! Peut être pas comme elle le faisait … Peut être autrement … Mais elle a véritablement besoin de trouver sa place, pour te laisser prendre pleinement la tienne !
C’est souvent là que le véritable changement commence.
Toi, tu as une valeur inestimable
Par le simple fait d’exister.
Tu es plein de ressources et tu mérites de choisir ta voix.
Tu as le droit d’avancer.
Tu peux être toi.
Peu importe ce qu’on t’a pris, ce qu’on t’a appris, ce qu’on a exigé de toi. Ce que tu as pensé qu’on attendait de toi.
C’est ta vie, celle de personne d’autre ! Et tu ne dois pas avoir peur de la regarder, de te faire une place.
Ose aller regarder en toi ce qui se joue, et déjouer ce qui ne te ressemble plus aujourd’hui.
Voilà … C’est pour toutes ces raisons que je m’adresse souvent directement aux parties de toi qui te font souffrir, aussi étrange que cela puisse paraitre ! Surtout quand ça finit par sembler normal …
Parce qu’avant que quelqu’un ne leur accorde d’attention, elles n’ont nulle part ou aller, et elles continuent à faire mal, peu importe que ce soit pour bien faire ! Elles errent en te faisant souffrir, en attendant …
Et parfois il suffit juste de commencer par leur dire « bonjour » …
